Psychologie

La personnalité, un prisme pour orienter sa carrière

Pourquoi certaines personnes s’épanouissent en tant que chirurgien, tandis que d’autres s’épanouissent davantage en tant que professeur, artiste ou ingénieur ? Au-delà des compétences techniques, nos traits de personnalité influencent fortement la manière dont nous vivons notre travail. De plus en plus d’études en psychologie montrent que mieux se connaître peut aider à faire des choix de carrière plus alignés avec ses besoins profonds — et à éviter l’épuisement professionnel.

Le lien entre traits de personnalité et choix professionnel est aujourd’hui bien documenté. Le modèle des Big Five, qui décrit la personnalité à travers cinq dimensions (ouverture à l’expérience, conscience, extraversion, agréabilité, et neuroticisme), est souvent utilisé comme base dans les tests d’orientation et les bilans de compétences. Par exemple, une personne très consciencieuse, organisée et rigoureuse, pourrait exceller dans des métiers demandant un haut niveau de précision comme la comptabilité, la pharmacie ou l’ingénierie. À l’inverse, une forte ouverture à l’expérience pourra orienter vers des professions créatives, dans les arts ou l’innovation.

Introvertis ou extravertis : des environnements à adapter

L’extraversion est un trait particulièrement parlant dans le monde professionnel. Les extravertis, qui se ressourcent au contact des autres, ont souvent une affinité naturelle avec les métiers de la vente, du management, ou encore de la communication. Les introvertis, eux, préféreront des environnements calmes et des tâches plus autonomes, comme la recherche, la programmation ou l’écriture. Attention toutefois : il ne s’agit pas de se cantonner à une étiquette, mais de comprendre ce qui nous recharge — ou au contraire nous épuise — au quotidien.

Stress, stabilité émotionnelle et métiers à forte pression

Le trait de neuroticisme, ou instabilité émotionnelle, peut également jouer un rôle clé dans la manière dont une personne supporte le stress professionnel. Une personne plus sensible à l’anxiété pourrait souffrir dans des environnements très compétitifs ou imprévisibles. À l’inverse, les métiers à haute intensité — comme ceux du secteur médical, du droit ou du journalisme — peuvent être mieux tolérés par ceux qui présentent une grande stabilité émotionnelle.

Une boussole, pas une cage

Si les traits de personnalité peuvent éclairer nos choix professionnels, ils ne doivent pas devenir des barrières. La personnalité évolue tout au long de la vie, et chacun peut développer de nouvelles compétences, y compris dans des domaines qui, a priori, ne correspondaient pas à son profil. De plus, de nombreux métiers offrent une grande diversité de tâches, permettant à chacun d’y trouver son équilibre.

Conclusion : mieux se connaître pour mieux s’orienter

Se poser la question de sa personnalité, c’est entamer un dialogue honnête avec soi-même. Ce n’est pas une recette miracle pour trouver le « job idéal », mais c’est un excellent point de départ pour identifier ses besoins, ses forces, et ses zones d’inconfort. Dans un monde du travail en constante évolution, où les reconversions sont de plus en plus fréquentes, cette connaissance de soi peut devenir un véritable levier d’épanouissement professionnel.

Au cours d’un processus de reconversion, d’orientation ou simplement de questionnement professionnel se pose toujours, à un moment ou un autre, la question de l’adéquation entre personnalité et profession.

 

La pertinence des tests de personnalité

Ces outils, dits de psychométrie, sont largement employés par les consultants psychologues pour participer aux réflexions sur l’orientation professionnelle. Les plus répandus (NEO-PI R ou encore 16PF) se basent sur le modèle des Big five qui propose de décrire les conduites habituelles des individus, appelées traits de personnalité de second ordre.

Cette théorie s’assoie sur une hypothèse lexicale : ‘les différences individuelles qui ont la plus forte portée dans les transactions quotidiennes des personnes entre elles finissent par être codées dans leur langage sous la forme de mots. Plus une différence est importante, plus les personnes la remarqueront et souhaiteront en parler, et par conséquence créeront éventuellement un mot pour l’exprimer’ (Goldberg, 1982, P. 204).

Allport et Odbert ont ensuite identifié le vocabulaire différenciant le comportement d’un individu de celui d’un autre et exclu ceux décrivant des états passagers, ils retiennent ainsi 4504 mots. A partir de ces travaux, Cattell mit au point une grille de 35 traits bipolaires (opposés) qui lui permit de discerner 16 traits de personnalité au total.

 

La description de la personnalité

Les résultats du test de personnalité sont toujours sujets à interprétation. D’une part, le psychologue analyse les données en les confrontant aux différents éléments observés au cours des entretiens, d’autre part, un travail de relecture et de précision est fait entre le sujet et le consultant. Il est important de garder à l’esprit que les résultats d’un test de personnalité restent des outils d’orientation et de questionnement et ne produisent en aucun cas, des jugements stricts.

Des indications peuvent ainsi être apportées sur la tendance d’un individu à développer des relations étroites avec les autres, ou au contraire, à rester isolé (traits bipolaires). L’item de stabilité émotionnelle porte sur la capacité à réagir aux évènements avec calme et recul ou à l’inverse, avec des ressentis intenses (intérieurement ou extérieurement). Le critère de ‘dominance’ aborde la tendance à s’affirmer et à contrôler autrui ou à être influencé.

La spontanéité ou la réserve sont décrites ainsi que le degré de respect des règles, l’aplomb en société et la sensibilité. Ce critère tente de comprendre comment les émotions influencent les jugements de l’individu testé. La circonspection, c’est-à-dire la tendance à croire les autres sur parole, ou au contraire à rester prudent, est mesurée ainsi que ‘ l’abstraction’ qui décrit la mesure avec laquelle l’individu s’intéresse aux données et éléments abstraits plutôt qu’aux éléments concrets.

Le test apporte également des éclairages sur la tendance à partager des informations, à user d’autocritique, à accepter le changement, à demeurer seul (y compris dans les processus de raisonnement et de décision), et enfin sur les degrés de perfectionnisme et de résistance à la frustration.

 

Personnalité et métiers

A partir des éléments abordés par les tests de personnalité, l’investigation sur l’orientation pourra être complétée : les différents traits mis en avant sont-ils en adéquation avec le profil-type de la profession visée, ou au contraire, laissent-ils entrevoir certaines difficultés ?

Par exemple, une personne souhaitant s’orienter vers le métier de chauffeur routier mais qui aurait une faible capacité à rester seule, pourrait s’interroger sur la pertinence de ce choix et choisir de s’orienter davantage vers la conduite d’engins de chantier, cette activité comblant son intérêt pour le transport tout en restant au sein d’une équipe.

La stabilité émotionnelle ainsi que la capacité à développer des relations seront pertinentes dans un projet de reconversion vers les métiers médicales (travail en hôpital par exemple), le degré de perfectionnisme, l’ouverture au changement et la tendance à l’abstraction seront intéressants dans le cas d’une orientation vers les métiers artistiques.

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