Mondialisation : évolution et valeurs

En quelques décennies, l’économie mondiale a connu une transformation en profondeur de ses règles de fonctionnement. Jamais, dans l’histoire de l’humanité, des changements aussi profonds s’étaient opérés dans un lapse de temps aussi court…
Les prémices de la mondialisation
Pendant plusieurs millénaires, l’économie s’est surtout limitée à des échanges autour d’un périmètre géographique réduit. Le système autarcique (qui consiste à créer par soi même l’essentiel de ses besoins) représentait la norme. Il fallu attendre la renaissance et le développement du commerce maritime (fin du XVème siècle) pour que se développent les premiers échanges entre continents (commerce triangulaire, route des Indes…). Dès lors, les échanges n’ont cessé de progresser bien que freinés par des moyens de transport et de communication rudimentaires (les navires mettaient des mois à réaliser un aller / retour entre 2 continents). La seconde évolution majeure s’est jouée à partir de la révolution industrielle (milieu du XIXème siècle) ; l’apparition de nouveaux modes de production (plus rapides, standardisés) et le développement des modes de transport (chemin de fer puis avion) ont démultiplié les échanges entre pays et continents.
Une accélération de la globalisation
Depuis les années 60-70, on assiste à une impressionnante accélération du phénomène de mondialisation. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette tendance : la croissance économique mondiale (très forte depuis l’après guerre), l’apparition d’une classe moyenne dans la plupart des pays développés (dont la demande a largement évolué au fil des décennies), l’urbanisation (qui a triplé en 50 ans en France), l’innovation et les gains de productivité ou encore l’amélioration des infrastructures d’échanges et de communication (autoroutes, transport maritime et aérien…). Cette évolution semble désormais irréversible et s’est encore accentuée, depuis une dizaine d’années, avec l’émergence de nouvelles super puissances (Chine, Inde…) dont les populations représentent environ 10 fois celles de l’union européenne (avec des besoins immenses et une main d’œuvre quasi illimitée et très bon marché).
Des valeurs essentiellement anglo-saxonnes
La mondialisation progresse et, avec elle, des valeurs assez fortement inspirées du « modèle anglo-saxon » (des Etats-Unis en particulier). En effet, cette globalisation repose sur le libéralisme économique et le non interventionnisme des Etats. La liberté d’entreprise – précepte fondamental de la culture et de l’histoire nord américaine – représente désormais la norme dans la quasi-totalité des pays du monde. Les politiques de protectionnisme et de régulation reculent tandis que de nouvelles aspirations humaines gagnent du terrain : la réussite individuelle, le profit maximal et l’hyper consommation. Ce dernier élément, socle des sociétés « modernes », représente une valeur à part entière : acheter pour vivre, acheter pour se différencier, acheter pour se valoriser, pour compenser les manques, pour exister (et parfois aussi répondre au vide…).
Vers un mode toujours plus narcissique ?
De fait, ces fonctionnements orientés vers l’égo combinés à des techniques Marketing de plus en plus fines ont fait apparaitre, au cours de la dernière décennie, des comportements assez narcissiques voire égocentrés. L’accès à des produits de plus en plus personnalisés, à des services individualisés (d’une touche de télécommande ou d’un clic de souris) donne l’illusion d’un contrôle complet sur sa vie, ses choix et renforce le sentiment de « toute puissance »). En parallèle de ce phénomène, on observe un désintérêt croissant pour les enjeux collectifs, les questions politiques et un désinvestissement progressif des dimensions sociales (qui sont également celles du « vivre ensemble »).