Les souffrances post-traumatiques
Les conséquences psychiatriques et psychologiques de la confrontation à la violence sont désormais relativement bien connues des professionnels.
Une image sociale ‘positive’
C’est en effet, l’une des particularités de ce trouble psychologique qui s’oppose aux préjugés encore largement négatifs de la population envers les autres pathologies mentales. On peut y voir la résultante des efforts des professionnels en matière de publications pour déstigmatiser les souffrances post-traumatiques mais aussi les conséquences des attitudes des sujets touchés qui consentent très largement à se reconnaître comme victime.
L’imaginaire social reconnaissant les victimes et les professionnels étant mieux formés, les symptômes post-traumatiques comptent aujourd’hui, parmi les troubles mentaux les mieux détectés, traités et surtout, les mieux prévenus. D’abord nommé ‘névrose post-traumatique’, ce trouble a été rebaptisé syndrome post-traumatique, supprimant ainsi son appartenance aux maladies mentales pour le définir comme un ensemble de réactions ‘normales’ à un évènement ‘anormal’.
Ainsi la société considère légitime les demandes de soutien psychologique face à des événements violents et estime qu’une réponse adaptée doit être fournie par les autorités. En France, la création des C.U.M.P (Cellule d’Urgence Médico-Psychologique) à partir de 1997, répondit à cette attente sociale en instituant une prise en charge publique des victimes de symptômes post-traumatiques.
Origines du trauma
Le syndrome post-traumatique survient lors de la confrontation d’un individu avec une situation ressentie ou vécue comme menaçante pour son intégrité physique ou psychique. Bien qu’il n’existe pas de liste exhaustive des situations pathogènes, la violence en est une constante stable.
L’appareil psychique, débordé par ce vécu, ne peut mettre en place les mécanismes de défense adéquats. Pour se défendre, le sujet investit alors son ‘trop d’excitations’ dans un processus de diffraction et de fragmentation des perceptions de la scène traumatique, premier mouvement psychique avant la représentation puis l’élaboration.
Ce processus explique la prégnance des détails dans la clinique traumatique : la mémoire des victimes est en effet submergée par des éléments précis de la scène pathogène, revenant en boucle en journée ou durant la nuit. Cette hypersensorialité tente ainsi d’échapper à une effraction du dedans par le trauma en la détournant sur les surfaces (les perceptions). Un déplacement s’effectue donc au travers du regard qui construit l’interface entre le dedans et le dehors, entre le sujet et la situation pathogène ou entre le sujet et son agresseur.
Ses manifestations
Face à la violence vécue apparaissent des manifestations physiques telles que la tachycardie, ou des tremblements, signes d’une angoisse majeure constante ou aiguë lors des reviviscences traumatiques. Les troubles cognitifs s’enchaînent et manifestent déjà la fatigue de l’organisme.
Selon les cas, des vécus abandonniques peuvent subvenir, conséquences de l’impuissance du sujet et des personnes environnantes à lui porter secours. Lors des catastrophes naturelles, où les survivants ont été témoins de la mort effroyable d’autres individus parfois proches, on déplore des réactions du type du syndrome du survivant, détruisant l’estime de soi et décuplant les sentiments de culpabilité.
Des somatisations peuvent également apparaître sur les parties du corps atteintes durant l’épisode traumatique, sorte de mémoire du corps indépendante de toute blessure physique.