Psychologie

En attendant bébé, mère et père occupent des places bien différentes. Alors que nos sociétés prônent une égalité totale entre les sexes, il existe une dissymétrie incompressible des vécus de la grossesse. Jamais l'homme ne saura de manière directe quel est le vécu corporel d'une femme enceinte. Si la mère expérimente des sensations intérieures (cénesthésiques), le père tisse son lien à l'enfant par l'intermédiaire de sa femme dont il construit imaginairement les perceptions. Sa "grossesse à lui" se vit donc sur un mode imaginaire, fantasmé. Elle procède d'une identification plus ou moins profonde à sa femme, la mère.
 

Une identification qui comble l'injustice

Les lois de la nature excluent l'homme de la maternité. Pour autant, le psychisme masculin se la réapproprie par des voies détournées. Au-delà de sentir le bébé à travers le ventre de la mère ou de le visualiser à l'écran de l'échographe, certains hommes se trouvent profondément remaniés par la grossesse de leur femme. Pour ressentir encore plus intimement le vécu de leur partenaire, ils s'y identifient. Apparaissent alors des signes patents d'identification. Si nous étions habitués au père douloureux lors de l'accouchement, aujourd'hui d'autres symptômes se révèlent.
 

Une grossesse pour lui aussi

Le psychisme est capable de toutes les identifications. La paternité est un état encore peu étudié. Pourtant l'homme à l'instar de la femme doit s'adapter à ce nouveau statut. Comme les femmes ne naissent pas mères, les hommes deviennent pères. En premier lieu le futur père va chercher du côté de son propre père les imagos paternels sur lesquels faire reposer sa nouvelle identité. De tous temps la place du père n'a été réduite qu'à sa dimension sociale. Pourtant, aujourd'hui les pères sont attendus dans des rôles neufs (le pouponnage, le biberon, …). 

Il existait jusque récemment une répartition très différenciée des rôles parentaux : maman s'occupe du corporel, papa, des activités tournées vers l'extérieur. Mais aujourd'hui le père est confronté, lui aussi, au charnel de la relation au bébé. C'est donc sur le plan du corps que son identité et ses identifications ont donc le plus évolué.
 

Le corps et l'identification

Freud s'est toujours refusé à disjoindre corps et psychisme. Ils sont les deux faces d'un même objet pour la psychanalyse. L'expression des identifications (inconscientes) se fait majoritairement au niveau somatique. L'identification à la femme enceinte pourra donc conduire à ce que l'homme présente certains signes physiques de grossesse (nausées) ou qu'il grossisse en parallèle de sa femme.
 

Une identification renforcée par la réalité

Pendant près de 9 mois, beaucoup d'hommes sont angoissés. Ils sont alors tentés de manger plus pour trouver un certain réconfort. Or la future maman augmente elle aussi sa ration alimentaire pour couvrir des besoins redoublés. L'imitation du comportement entre conjoints entre dès lors en jeu. Mais il subsiste une différence : les pères n'auront jamais les mêmes besoins nutritionnels que leurs femmes enceintes. En conséquence, ils grossissent. Sur le plan inconscient, l'identification dans laquelle ils sont déjà pris se trouve renforcée. Elle peut ainsi durer tout le temps de la grossesse et ne trouver de limite qu'avec la naissance qui replace chaque parent à égalité devant l'enfant devenu extérieur. 
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