Fellation : un plaisir féminin autant que masculin ?

Un préliminaire ?
La satisfaction génitale
Mais le plaisir tiré de la fellation ne provient pas seulement de cette barrière posée devant l'angoisse. Inconsciemment, l'homme pense satisfaire un des besoins les plus primitifs de sa partenaire : la pulsion orale. Il est en position d'être une mère nourricière toute puissante détenant le pouvoir de vie sur l'autre. La fellation est ainsi avec la sodomie une des pratiques sexuelles qui met le plus en jeu la question de l'articulation domination/soumission.
La satisfaction orale
La toute première identification est survenue par la zone orale. En effet, dans l'infantile, se nourrir de l'autre (allaitement) est l'équivalent de le faire entrer en soi. La fellation donnerait à la femme la possibilité fantasmatique d'intérioriser le pénis voire de le détacher et de l'incorporer. Il devient ainsi une propriété féminine. Or pour le freudisme, la sexualité féminine est dominée par l'envie du pénis. Elle trouverait donc ici une résolution idéale.
Une pratique ambiguë
La fellation n'est pas un acte sexuel qui confirme suffisamment la différence de genres des deux partenaires. En sortant de la stricte satisfaction génitale, elle appartient au monde du pré-génital et du sexuellement indéterminé. La différence des sexes y est gommée puisque la bouche n'appartient à aucun genre en particulier. Elle reflète alors la tendance actuelle qui fait voler en éclat la segmentation autrefois rigoureuse des catégories sexuelles (homosexuels, bisexuels, hétérosexuels, …). Elle rend floues la définition des sexualités qui reposaient jusqu'alors sur le pouvoir d'un genre (masculin) et la domination de l'autre (féminin).