Expliquer la mort à mon enfant ?
La mort, quelle mort ?
Entre 0 et 3 ans, il n'existe pas de distinction entre la séparation et la mort. L'enfant est dans une relation symbiotique avec l'adulte. Toute absence de celui-ci provoque une insécurité totale sur la possibilité pour le bébé de satisfaire à ses besoins vitaux. L'absence est la mort, et vice-versa.
Entre 3 et 5 ans, la mort appartient à un cycle. Elle ne connaît pas le caractère définitif que nous, adultes, lui reconnaissons. Ainsi, les êtres appartiennent à un tout en perpétuelle répétition. La mort et la naissance forment le point de fermeture du cycle. A cette époque, l'enfant confronté à la mort d'un proche pourra dire qu'il va revenir, voire qu'il va renaître. C'est l'époque où ils inventent des histoires, sur la grand-mère partie faire un voyage au ciel dont elle va revenir. La mort ne peut-être définitive puisque l'enfant n'a pas accès à la notion d'éternité.
Un concept survient
C'est vers 7 ans que la mort devient définitive. Elle s'appuie sur la représentation du corps que l'enfant commence à acquérir. Ses questions s'orientent alors régulièrement autour du devenir du mort et plus particulièrement de son cadavre. Désormais, la vie est bornée par la naissance et par la mort.
La mort
Toutefois, comme pour l'adulte, il entre rapidement dans le déni de sa propre mort. En effet, elle est un interdit de la pensée. Il existe une impossibilité pour le psychisme de se penser comme terminé. L'homme s'il pense la mort le fait toujours depuis la mort de l'autre.
Parler de la mort à son enfant ?
Quand la place du mort façonne la réponse à apporter
Par exemple, en plein dans la période agressive du complexe d'Œdipe, un petit garçon peut associer la mort de son père à son désir inconscient de destruction du rival. Sur le plan de l'imaginaire, la mort du père réalise le fantasme de meurtre perpétré pas le fils. Une intense culpabilité peut en résulter. En attribuant aux désirs la capacité de façonner le monde à leur image, elle l'enferme dans la toute puissance de la pensée : penser c'est faire !
Ainsi quand l'enfant est confronté à une mort difficile à intégrer, il est primordial de chercher l'aide d'un professionnel qui, habitué à contextualiser la souffrance, aidera à élaborer la réponse la plus structurante pour son développement.