Mon adolescent fume des joints, que faire ?

Les risques du cannabis ?
Il est toujours difficile de savoir qui de ces signes ou du cannabis sont les causes ou les effets. En réalité, la consommation "abusive" de THC est un pansement que le jeune auto-applique sur son mal-être. Or, si les joints donnent l'impression d'aller mieux (anxiolytique), comme tout produit qui agit sur le système nerveux, ils renforcent en réalité la dépressivité voire la dépression. L'échec scolaire ou le repli consécutifs renforcent, par la suite, la mauvaise image que l'adolescent a de lui-même. C'est le début d'un cercle vicieux.
Les modes de consommation
Le mode d'inhalation doit lui aussi être décortiqué. Fumer un pétard en soirée est pensé par le jeune comme un moyen de lever ses inhibitions, il cherche du bien-être. A contrario, les douilles (pipe à eau trafiquée) ont pour principal objectif d'accéder à une "défonce". Elles sont à entendre comme un moyen d'en finir avec ses soucis, le mal-être y paraît beaucoup plus présent. Comme toute défonce, ce qui est cherché c'est la rupture avec la réalité vécue comme frustrante et incompatible avec l'expression de son désir. Ce mode de prise devenu courant est inquiétant puisqu'il révèle un état de tension plus grand et une moins bonne capacité à faire face à ses problèmes.
Discours adulte ambigu : réponse adolescente équivoque
L'adolescent montre ici que le cannabis a pour lui valeur de rite initiatique c'est-à-dire qu'il est de nature à le faire pénétrer dans le monde des adultes. Celui-ci prend souvent, dans l'esprit du jeune, la forme du groupe de pairs dans lequel il évolue. Il est toujours surprenant de constater comment entre copains-copines, les adolescents singent à la perfection les fonctionnements qu'ils perçoivent chez les adultes. C'est sur ce constat, qu'il est intéressant de leur rappeler les risques encourus par cette consommation (justice, …) et le fait qu'ils n'ont pas l'âge d'y faire réellement face. Tout adulte devrait se rappeler que l'adolescent, quel que soit l'air qu'il se donne, est beaucoup plus vulnérable qu'un adulte et qu'il n'est jamais bon de le considérer trop vite à son égal. Rendons aux adolescents ce qui leur appartient : le droit de ne pas avoir à assumer plus que ce qu'il leur est possible et une certaine forme d'innocence sereine.
Accompagner cette consommation sans la légitimer
Comme tout comportement à risque, c'est l'éducation au long cours et notamment l'apprentissage du soin que l'on doit se porter qui est la clé du discours à tenir. Si, dès tout petit, l'enfant a appris que son corps mais aussi son psychisme étaient des objets auxquels il devait prendre garde, il sera moins enclin, non pas à consommer quelques joints, mais aux "défonces" dont l'impact sur ses performances est dramatique. Il discriminera mieux ce qui est bon pour lui de ce qui lui nuit. Si ces mesures ne suffisaient pas à l'aider à contrôler sa consommation, le recours à un professionnel ou une association s'avère très utile pour l'aider à élaborer sa destructivité. Ce travail de construction signera de plus la reprise de son développement et, vécu positivement lui apportera les bénéfices propres à changer ses comportements dangereux.