Étapes et bénéfices du bilan de compétences

Après plusieurs années d’emploi au sein d’une même entreprise, il est souvent difficile de se repositionner sur le marché du travail.
L’étude des compétences professionnelles
De nombreuses questions se posent : Pourrai-je exercer mon métier dans une autre entreprise proche de chez moi ? Ai-je envie de poursuivre dans ce secteur ? Serait-il possible de profiter de cette période de chômage pour me reconvertir ? Quelles sont mes compétences, mes capacités, mes motivations ?
Le bilan de compétences permet d’aborder ces interrogations, de définir son profil et de construire un projet professionnel en accord avec soi-même et la réalité du marché de l’emploi.
L’étude des compétences professionnelles est une phase essentielle, durant laquelle les expériences sont analysées en termes de compétences. Chaque emploi est examiné afin de mettre en évidence les savoirs (connaissances théoriques), les savoir-faire (connaissances pratiques) et les savoir-être (qualités personnelles).
Cette analyse permet de prendre conscience de ses atouts et de ses limites sur certains postes, et facilite grandement la préparation d’un CV ou d’un entretien d’embauche. Dans le cadre d’un projet de reconversion ou de formation, l’étude des acquis permet d’identifier les transferts de compétences possibles, c’est-à-dire les capacités acquises dans une expérience et réutilisables dans un nouveau poste.
L’identification des intérêts professionnels
Travailler dans un domaine en accord avec ses motivations est l’une des clés de la réussite et de l’épanouissement personnel. À l’aide de questionnaires d’intérêts professionnels, le bilan de compétences permet d’identifier les secteurs d’activité qui répondent aux aspirations. Bien qu’il ne faille pas en attendre une révélation du « métier idéal » (qui n’existe pas), il permet de se situer parmi les grands domaines d’intérêts : l’aide et le soutien aux personnes (comme les métiers du social ou de l’enseignement), le management et le commercial (postes de direction, métiers de la politique et de la communication), l’artistique (milieux musical, littéraire ou esthétique), la réalisation manuelle (métiers de la construction, de la mécanique ou de la technique), la recherche et l’étude (métiers intellectuels, postes de recherche), et enfin l’organisation et le respect des procédures (métiers administratifs et comptables).
Les ressources personnelles
Cette étape permet de faire le point sur les capacités personnelles, notamment intellectuelles. Il ne s’agit pas d’une mesure de QI, qui n’aurait pas grand intérêt dans le cadre de la construction d’un projet professionnel. En revanche, les tests psychotechniques utilisés permettent de cerner le type de raisonnement cognitif privilégié : raisonnement concret, bon sens, sens pratique, raisonnement logique, abstrait, verbal, esprit critique, etc.
Le choix des tests dépendra du projet et du profil du bénéficiaire, les outils étant adaptés au niveau d’étude. En cas de projet de formation, ils permettent de formuler des hypothèses de réussite.
La personnalité
Chaque individu est unique et détient sa propre histoire, personnelle et professionnelle. Le bilan de compétences s’attachera donc à décrire les traits de personnalité marquants en lien avec le projet ; il ne s’agit en aucun cas d’une thérapie.
Cette analyse permet de mieux cerner le réalisme d’un projet, ses atouts comme ses freins. Par exemple, une personne peut ressentir un fort intérêt pour les métiers de la communication tout en étant introvertie. Dans ce cas, cette limite sera soulignée afin de mettre en évidence un besoin de formation ou d’adaptation.
L’étude du bassin d’emploi
Un bilan de compétences ne peut se détacher de la réalité économique du terrain, sans quoi il déboucherait sur un « métier idéal » mais irréalisable, faute d’opportunités d’emploi ou de temps de formation.
Il est donc essentiel, après un travail approfondi sur le profil professionnel, de confronter le projet à la réalité du marché. Il s’agit de définir, dans une région précise, un projet réaliste, en adéquation avec les compétences, les centres d’intérêt, la personnalité et les ressources personnelles. Des compromis sont souvent nécessaires. Bien entendu, selon les contraintes familiales, financières ou de mobilité, les freins seront plus ou moins importants.
L’accès au bilan de compétences
Il est réalisé dans un cabinet spécialisé, auprès d’un consultant ou d’un psychologue du travail. Les phases de tests (psychotechniques et de personnalité) doivent obligatoirement être conduites par un psychologue.
Les démarches varient selon le statut, salarié ou demandeur d’emploi. En tant que salarié, la demande peut être faite auprès de l’employeur ou de l’organisme collecteur de la taxe de formation de l’entreprise (renseignements à prendre auprès des ressources humaines). Dans le premier cas, l’employeur peut être informé du bilan pour faciliter une éventuelle évolution interne ou une demande de congé de formation. Les cabinets peuvent également collaborer avec l’entreprise pour certaines phases du bilan, ce qui peut favoriser une meilleure prise en compte des résultats. L’employeur peut aussi financer le bilan, par exemple s’il souhaite faire évoluer un salarié.
Si le bilan est financé par un organisme extérieur, il peut être mené sans en informer l’employeur, à condition qu’il soit réalisé sur le temps de congé. Dans tous les cas, le contenu du bilan est strictement confidentiel et reste la propriété exclusive du bénéficiaire, seul habilité à communiquer ses résultats.
En tant que demandeur d’emploi, une demande peut être faite auprès d’un conseiller Pôle emploi, qui orientera vers des cabinets agréés. Le contenu et les étapes du bilan sont similaires, mais un peu allégés compte tenu du temps imparti. Un bilan de compétences pour salarié dure environ 24 heures, contre 20 heures pour un bilan financé par Pôle emploi.
Conclusions
Le bilan de compétences s’avère être un outil pertinent : il permet de faire le point sur sa carrière, d’analyser les expériences passées, de retrouver ses sources de motivation et, parfois, de construire une véritable reconversion professionnelle, avec un plan de formation, des financements, des stages d’insertion, des témoignages, etc.
Un conducteur de travaux dans le BTP devenant infirmier, un responsable qualité ouvrant une boutique de matériel de plongée, un logisticien devenu technicien sur une plateforme pétrolière… toutes ces reconversions naissent et se construisent lors d’un bilan de compétences, et sont à l’origine de nouvelles vies.