Psychologie

Pathologie régulièrement abordée et soulignée dans un grand nombre de médiatisation, le pervers narcissique semble devenu une sorte de ‘démon’ moderne et de figure du harcèlement psychologique.
 

Définition

L'expression "pervers narcissique" est utilisée en psychopathologie pour désigner une personnalité marquée à la fois par un narcissisme exacerbé et des traits de perversion. Ce fut le psychanalyste Paul Claude Racamier qui en fit la description le premier.

Pour autant, cette appellation est source de nombreuses réticences au sein du corps psychanalytique, qui la juge davantage d’inspiration comportementale. Par ailleurs, beaucoup estiment qu’associer perversion et narcissisme est un non-sens puisque la perversité se traduit nécessairement par une faille narcissique.
 

Un Moi lacunaire

Bien que le comportement du ‘pervers narcissique’ se caractérise par une attitude relevant d’un ego surdimensionné, l’origine de son comportement réside notamment dans une grande carence narcissique.

Ce manque, caractérisé par un Moi défaillant, le conduit vers des tentatives d’appropriation du narcissisme d’autrui afin de combler sa propre faille, mais également et dans le même temps, vers un rejet massif de l’autre, dont l’existence et l’identité sont vécues comme une menace envers ce Moi lacunaire. C’est pour répondre à cette menace qu’intervient la perversité, au titre de défense. Tout se passe comme si le Moi défaillant tentait d’intégrer le Moi d’autrui, et pour ce faire, cherchait à supprimer ce qui est propre à l’autre.
 

La perversité

Les définitions psychanalytiques liées aux termes de perversité et de perversion diffèrent de celles généralement admises dans le langage courant. Pour le plus grand nombre, la perversion désigne le comportement de celui qui ‘renverse’ et ‘retourne’ (du latin : perversitas).

Les psychanalystes et psychologues distinguent le ‘pervers ordinaire’ (selon les travaux de JP Lebrun) qui agit dans un registre non-sexuel, du ‘pervers lourd’, frappé de perversion, dont les comportements pathologiques portent sur le champ sexuel.

Les comportements humiliants et dégradants du ‘pervers narcissique’ envers sa victime, ont trait à la volonté de destruction de l’autre au travers de son psychisme, qui représente ce qui est envié et convoité. Nous retrouvons donc ici, les liens entre narcissisme et perversité.
 

Une origine oedipienne

De nombreux psychanalystes et psychologues définissent l’évitement du complexe oedipien et donc de la menace de castration, comme étant le lit de la problématique perverse. Cette étape consisterait en un refus de l’enfant de s’identifier à son père et de ‘rejeter’ le besoin du pénis. Selon J.Chasseguet-Smirgel (1984) : « Le maintien de l’illusion qu’il n’a rien à envier à son père, qu’il n’a nul besoin d’un pénis génital, qu’il peut donc échapper aux conflits d’introjection des attributs virils du père et ne pas s’identifier à son géniteur. Il parvient ainsi à éviter l’Oedipe et, ce qui lui est corrélatif, la menace de castration. »

Ce phénomène entraîne ainsi le sujet dans un fantasme d’auto-engendrement : il ne serait pas né d’un père et d’une mère, et se suffirait donc à lui-même. Ce fantasme de toute-puissance explique notamment le comportement destructeur du ‘pervers narcissique’ envers la personne qui lui est proche (sa victime) car elle soulève des liens de dépendance qui lui sont insupportables.
 

Le contrat pervers

Il ne s’agit pas de stigmatiser les victimes de ‘pervers narcissique’ en les désignant comme complices de l’instauration et du maintien des relations établies entre elles et leur bourreau. Pour autant, ces relations entrent dans le cadre de ce que l’on peut nommer un ‘contrat pervers’. Il a trait au sacrifice, défini comme une dépossession narcissique violente, exigé par le ‘pervers narcissique’ à sa victime.

Par ailleurs, il semble fondamental de noter l’importance de l’envie et du désir comme caractéristique du lien existant entre le ‘pervers narcissique’ et sa victime. Cette envie est telle qu’elle lui fait vivre un manque insupportable, au point qu’il développe des mécanismes de défense contre ce qui, justement, fait envie chez l’autre.

Comme nous l’avons souligné plus haut, dépendre de sa victime, en tant que détentrice de ce qui lui fait envie, est intolérable. Se déclenchent ainsi des comportements de prédation envers l’objet désiré ainsi que des mécanismes de destruction visant à faire cesser la frustration. Parmi ces-derniers se retrouvent les disqualifications, les humiliations ou encore les dévalorisations.
 

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