Droits et devoirs du citoyen
La France, en tant qu’Etat de droit, est une communauté composée de citoyens, régie par la Loi qui instaure un certain nombre de droits et de devoirs.
Citoyens, droits, devoirs : de quoi parte-t-on ?
L’étymologie du terme ‘citoyen’ provient du latin ‘civis’ qui signifie ‘celui qui a droit de cité’. Le citoyen est ainsi celui qui participe, de plein gré, à la vie d’une communauté et qui partage avec les autres membres, le pouvoir de faire la Loi, de pouvoir élire, et le cas échéant, d’être élu. C’est donc de la participation à la vie d’une communauté dont découle les droits et les devoirs.
Dans le champ politique, il s’agit du droit de vote et d’éligibilité, les devoirs sont le civisme (c'est-à-dire l’exercice de sa responsabilité politique en votant), le paiement des impôts (afin de participer aux dépenses de l’Etat pour la communauté), le devoir de défense (en cas de menace de la communauté) et enfin le devoir d’acceptation du rôle de juré (lors des cours d’assise).
Au niveau socio-économique, on distingue le droit à la protection sociale, engendrant le devoir de cotiser aux prélèvements obligatoires, le droit lié au travail (fixation du SMIC par exemple) qui se traduit par le devoir des entreprises de régler les charges sociales et enfin le droit à la solidarité nationale, c'est-à-dire aux différentes prestations sociales.
Les droits civiques concernent la liberté d’expression, de créer une association, d’appartenir à un syndicat et de manifester en vertu des libertés d’opinions et d’expression alors que les devoirs civiques renvoient à l’obligation d’exercer ces droits dans les limites définies par la loi.
Les droits et devoirs qui font polémique
Au préambule de la Constitution de 1958 figure le droit, pour tout être humain, d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence, et ce, en vertu de la dignité humaine. Nul doute qu’en lisant cette phrase symbolique, nombre d’entre vous ont éprouvé un sentiment de colère, ou ce qui est peut être pire encore, de dépit. Comment, en effet, ne pas penser immédiatement aux sans-abri, aux Rmistes, aux familles vivant dans des logements insalubres, aux personnes âgées à la vie si isolée et précaire, ou encore à nos prisonniers entassés et dont une grande part ne sont que des malades mentaux.
Nous pourrions encore citer le droit de travailler dans des conditions équitables et satisfaisantes et de percevoir un salaire égal pour un travail égal, droit si largement bafoué par les entreprises dans la poursuite d’un système de rémunération où l’homme perçoit en moyenne 20% de salaire supplémentaire à la femme.
Quid du droit à l’éducation, de la liberté de participation à la vie culturelle ou encore du droit de chacun de n’être soumis à aucune forme de discrimination, lorsque nous regardons les statistiques d’emploi des ‘français issus de l’immigration’ mais aussi des femmes, des plus de 50 ans ou encore des handicapés ?
De la question de la justice sociale
Les quelques exemples flagrants de non-respect des droits des citoyens français décrits ci-dessus soulignent et expliquent le sentiment d’injustice sociale grandissant dans notre pays, lui-même en lien avec les attaques désormais récurrentes des figures représentatives de l’Etat. Qu’on ne s’y trompe pas, si cet article reconnaît une certaine logique à cette colère, il n’en légitime pas pour autant les comportements qui y répondent par une soustraction à leurs devoirs ou par le non respect des limites fixées par la loi.
Il est donc grand temps de faire de la justice sociale l’un des champs d’investigation des sciences humaines, et notamment la sociologie, la psychologie et la psychanalyse. On peut en effet espérer de ces disciplines, une neutralité et une démarche d’élaboration scientifique et intellectuelle que nous aurions certainement du mal à attribuer à la classe politique.