Psychologie

Les médias voudraient nous faire adhérer à l'idée que la pornographie s'est féminisée. Ainsi, depuis le début du 21ème siècle des réalisatrices se sont essayées aux films X. La plupart ont opté pour des scénarios classiques agrémentés de scènes explicites : Romance X de Catherine Breillat ou Baise-moi de Virginie Despentes. Une minorité a décliné la pornographie masculine, notamment l'actrice française Ovidie.
 

Les femmes et la vision

Si les hommes sont captifs de la vision des sexes et de l'acte sexuel, les femmes disposent d'une meilleure capacité à sublimer leurs fantasmes notamment en ajoutant la dimension affective au sexuel. Ainsi, elles sont plus sexuellement excitées par une atmosphère érotique que par un acte sexuel sans support sentimental. Cette situation est liée à leur rapport différent à la temporalité. En matière de sexe, les hommes sont dans l'immédiateté (érection, éjaculation) tandis que les femmes sont dans la durée. Celle-ci est imposée par leur physiologie. En effet, leur corps est plus lent pour accueillir le rapport sexuel notamment la pénétration. De plus, leur rapport à la masturbation est très différent. Dans leurs fantasmes, elles sont plus centrées sur un être réel (un amant, un prétendant, …). Les hommes sont plus attachés à l'image.
 

La pornographie au féminin

Jusque récemment la place des femmes dans la pornographie n'était pas enviable. Elles sont les faire-valoir de la virilité des acteurs. Les rapports qui leur sont imposés sont là pour satisfaire le désir de puissance des hommes et non leur plaisir. Ainsi, elles apparaissent dans une posture soumise et tiennent lieu d'objets. Lors de la trilogie retrouvée dans la quasi-totalité des films X : fellation, coït, sodomie, leur plaisir n'est pas le centre de la scénographie. Il est maximisé artificiellement, notamment par les sons, afin de donner l'illusion que leurs partenaires sont puissants et efficaces. Les femmes n'adhèrent pas dans leur majorité à ce jeu de dupes et perçoivent bien la place qui leur est attribuée dans ces films.
 

Une évolution très récente

Toutefois, les activistes féministes et certaines militantes lesbiennes se sont emparées de la pornographie. Elles l'investissent comme un terrain qui ne peut demeurer l'apanage des seuls hommes. Ainsi, elles ont tourné un certain nombre de séquences qui renversent les codes traditionnels de la pornographie. Les femmes y prennent le pouvoir et revendiquent un accès au plaisir. Elles y restreignent la domination masculine. Pour autant, cette pornographie reste très minoritaire et n'a pas encore remis profondément en cause la situation phallocentrée de ce type de cinéma.
 

Un jeu de dupes

La pornographie reste majoritairement consommée par les hommes. Ce sont eux qui dictent les standards du genre. Les femmes n'ont pas besoin de ces films pour construire leurs vies sexuelles. Elles n'ont pas à comparer leur anatomie intime avec d'autres. En effet, elles ne sont pas soumises aux mêmes angoisses (castration) que les hommes et n'ont donc pas les mêmes besoins de réassurance.

Si les femmes se sont emparées de la pornographie, ce n'est pas pour répondre à une envie mais bien plus pour ne pas laisser aux seuls hommes la détention de ce domaine. Quelles que soient les prescriptions sociales qui voudraient entériner un attrait des femmes pour la pornographie, celles-ci, dans la majorité, restent à l'écart de ce spectacle. Elles ne consentent pas à avilir leur attachement au sexuel qui demeure ainsi empreint de sensualité, d'érotisme et d'affects.
 

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