Désirs de regarder, plaisirs de contempler

Regarder ou voir ?
C’est quand il voit, et plus encore quand il regarde, que l'enfant découvre la culpabilité. Par la vision, il devient le témoin de ce qu'il n'a pas le droit de savoir (le sexuel) et qu'il aimerait pourtant connaître. Par la vue, il est renseigné sans avoir eu à demander. Le regard repose sur une volonté active et se traduit par un acte passif : percevoir. Dans la vue, activité et passivité sont imbriquées.
Désir de (sa)voir
La grande question qui fonde ce comportement est d'arriver à appréhender une différence anxiogène : qu'est-ce qui diffèrencie les garçons des filles ? Toute notre libido est captée par cette réflexion. Ainsi s'explique l'intérêt des enfants pour l'anatomie sexuelle des autres et celle des animaux. Par le regard, nous espérons être renseignés sur une question princeps : la sexualité. Pour l'enfant, voir ça (le sexuel), c'est savoir ! La sexualité s’établit comme dépendante du regard.
Plaisir de regarder
Voir pour combler, être comblé
D'ailleurs, ils sont prisonniers de la vue. Ils la placent au premier plan de leur sexualité : lingerie, tenue vestimentaire, bijoux portés par leur partenaire… Ce sont des artifices qui renforcent la différence des sexes. Ils doivent trouver chez elle quelque chose qui rappelle ce qui lui manque pour inconsciemment se penser en sauveurs. Cette propension à voir est encore confirmée par leur attrait pour la pornographie. Elle vient réveiller leur curiosité infantile et le plaisir pris à la satisfaire par le regard.