Introspection en philosophie, psychologie et psychanalyse
La notion d’introspection, tout comme celle de conscience ou d’abstraction, est propre au genre humain. Différentes disciplines, dans le champ des sciences humaines, utilisent cette terminologie pour décrire l’exercice qui consiste à se mettre à l’écoute de son propre psychisme. Néanmoins, cette « introspection » peut prendre des formes très variées tout en poursuivant des buts analogues : compréhension de soi, apaisement des conflits, bonheur…
La philosophie et l’introspection
La philosophie peut être considérée comme précurseur en matière d’introspection. Socrate figure ainsi parmi les premiers philosophes à avoir souligné l’importance de l’introspection comme outil de découverte et de connaissance de soi. L’écoute et le dialogue, à la base de son approche dialectique, facilitent la mise en conscience de la « vérité » propre à chaque homme. D’une façon plus générale, l’approche philosophique a pour vocation une meilleure connaissance de soi au travers d’outils de lecture et d’analyse du questionnement humain : « qui suis-je ? », « suis-je réellement sûr d’exister et de penser ? » (Descartes) ou encore « qu’est ce que le bien et le mal ? » (Spinoza). Ces interrogations sont au cœur de la démarche philosophique et se nourrissent de l’introspection pour s’élaborer, trouver sens au regard des ressentis spécifiques à chacun.
La psychologie et l’introspection
La méthode d’auto observation est utilisée depuis longtemps, en psychologie, pour appréhender les ressentis et émotions d’un patient (1). Dans le cadre d’entretiens, de questionnaires et d’approches thérapeutiques, l’introspection sert d’outil d’investigation et de compréhension des souffrances ou symptômes à l’œuvre. Cela permet au psychologue de mieux comprendre les enjeux tout en participant à la verbalisation et à la mise en conscience de la problématique. Dans certaines thérapies comportementales, l’introspection permet de cibler des événements (de type traumatique) pour les « travailler » au travers de différents outils : parole et expression verbale pour certains (exemple : thérapie analytique), mouvements des yeux et tapotements sur les genoux pour d'autres (thérapie EMDR)…etc.
La psychanalyse et l’introspection
Sigmund Freud, en créant la psychanalyse, a élargi le principe d’introspection. En effet, le travail analytique repose sur une forme d’introspection qui s’élabore et se conscientise au travers des mots. Le processus de mise en conscience se base sur la libre association des idées et images qui viennent à l’esprit du patient (également appelé « analysant »). Ce travail d’écoute, de recherche et d’élaboration se réalise donc grâce à la parole et en présence d’une tierce personne (le psychanalyste) dont le rôle est d’accompagner le cheminement de pensées et la compréhension des phénomènes inconscients. Dans ce cadre, on peut donc considérer que l’introspection prend la forme d'une écoute et d'une analyse des mécanismes et fonctionnements inconscients.
(1) Dictionnaire de psychologie – PUF