Phobie scolaire, phobie sociale : que cherche-t-on à fuir ?
Refuser d’aller à l’école, paniquer à l’idée de parler en public, se sentir envahi à la seule idée de croiser un groupe, d’être observé, évalué, comparé… Ces peurs, souvent qualifiées de "phobies", touchent de plus en plus d’adolescents, de jeunes adultes, mais aussi d’adultes installés dans la vie. Derrière les symptômes visibles, il y a une angoisse profonde, difficile à nommer. Ce que l’on fuit n’est pas toujours le lieu lui-même, ni même l’autre, mais quelque chose de plus intime : une exposition de soi, une confrontation intérieure. Une fuite du regard, plus que de la situation Dans la phobie sociale comme dans la phobie scolaire, le regard de l’autre…
Se libérer des injonctions familiales
« Sois fort(e) », « fais mieux que nous », « ne fais pas de vagues », « ne déçois…
Histoire de ma commune : quand le lieu raconte une part de soi
On connaît le nom de sa commune, on en connaît les rues, parfois quelques anecdotes. Mais derrière les façades familières…
Addiction douce, douleur silencieuse
Elles ne font pas de bruit, ne bouleversent pas l’ordre social, ne conduisent pas toujours à l’effondrement. Et pourtant, elles…
Ce que je cherchais dans le lien et que je peux me donner moi-même
On entre souvent dans la relation avec des désirs clairs, mais aussi avec des manques silencieux. Être aimé·e, écouté·e, reconnu·e, contenu·e : autant de besoins qui, lorsqu’ils ne sont pas pleinement conscients, peuvent devenir des attentes inconscientes projetées sur l’autre. Le couple devient alors un lieu de réparation implicite. Et si le célibat révélait que ce que je cherchais dans le lien, je pouvais aussi l’apprendre auprès de moi-même ? La tendresse comme réhabilitation intérieure Ce que l’on attend de l’autre – douceur, attention, chaleur – renvoie souvent à une manière d’être au monde que l’on a peu connue ou que l’on a perdue. En l’absence de partenaire, ces gestes peuvent sembler manquer. Mais ils…
L’ami·e de mon ami·e me trouble : désir ou illusion ?
Analyse de l’environnement amical comme déclencheur projectif. Certain·es individus nous attirent sans que nous comprenions exactement pourquoi. Ce n’est pas leur apparence, ni ce qu’ils ou elles disent, mais le contexte dans lequel on les découvre. Lorsqu’un·e ami·e nous présente quelqu’un qui le touche, qui…
Quand je suis l’un·e des seul·es célibataires autour de la table
Il existe une forme de solitude qui ne vient pas de l’absence de lien, mais de la place que l’on occupe dans un groupe. Un dîner entre ami·es, une réunion de famille, une fête entre proches… et soudain, la sensation de décalage. On se sent…
L’inflation des premiers rendez-vous : trop de choix tue-t-il le désir ?
Ils se succèdent, s’enchaînent, parfois sans laisser de trace. On se donne rendez-vous, on échange un verre, quelques impressions, puis on passe au suivant. À l’heure des rencontres facilitées par les applications, le premier rendez-vous semble être devenu une étape standardisée, presque banalisée. Mais ce…
La place de l’enfant « invisible » : une stratégie de survie ?
Certain·e·s enfants ne font pas de bruit. Ils ne dérangent pas, ne réclament rien, semblent s’adapter à tout. On les…
Le poids des non-dits : ce que le silence parental transmet malgré lui
Dans l’éducation, on parle souvent de ce que les parents transmettent par leurs paroles, leurs conseils ou leurs interdictions. Mais…
Le déménagement, un bouleversement intérieur pour la famille
Changer de lieu de vie est souvent perçu comme un projet logistique, une nouvelle étape à organiser. Pourtant, le déménagement…
Papa ou maman rentre tard : ce que l’absence dit de la famille
L'absence répétée d'un parent en raison du travail est souvent perçue comme une contrainte moderne, une simple organisation à ajuster. Pourtant, derrière les horaires décalés se joue bien plus qu’une gestion du temps : l'absence devient un langage silencieux qui structure les liens familiaux, les ressentis et les places de chacun·e. Quand l'absence devient un repère invisible Au-delà du manque ponctuel, l'absence régulière d’un parent s’inscrit dans le paysage affectif comme une norme implicite. L’enfant apprend à composer avec ce vide, qui devient paradoxalement un repère stable. C’est moins l'absence en soi qui pèse que ce qu’elle symbolise : une distance émotionnelle, une disponibilité conditionnelle ou une valorisation du travail comme priorité. Dans certaines familles, cette absence est même valorisée,…
La proximité comme réponse à la méfiance : une autorité qui se réinvente
Crise de confiance, défiance généralisée, rejet de l’autorité : ces expressions saturent le discours public depuis des années. La police n’échappe pas à ce climat de suspicion, souvent alimenté par des interventions…
Respecter l’autre, c’est quoi au juste ? Définir l’invisible dans nos relations
On parle souvent de respect comme d’une évidence. Mais sait-on vraiment ce que cela signifie dans les échanges concrets du quotidien, dans les regards, les silences, les mots ordinaires ? Le respect…
La place sociale comme extension du lien parental
La société nous classe, nous évalue, nous situe. Mais bien avant cela, nous avons occupé une place dans la psyché de nos parents. Et cette première assignation, affective, silencieuse, souvent inconsciente, continue…
La voix du pouvoir : quand la parole devient hypnose collective
Dans les grands moments de l’histoire politique, ce n’est pas seulement le contenu des discours qui marque les esprits, mais la manière dont ils sont dits, portés, incarnés par une voix singulière.…
L’enfant unique est-il prédisposé à la solitude une fois adulte ?
Enfant sans frère ni sœur, il a grandi dans un monde singulier, peuplé d’adultes et de silences. Lorsqu’il devient adulte, l’enfant unique porte souvent en lui une relation particulière au lien social : riche de moments de solitude féconde, mais parfois aussi marqué par une difficulté à s’ajuster aux dynamiques collectives. La solitude, dans ces cas-là, n’est pas une fatalité, mais une empreinte, un rapport particulier à l’absence et à la présence des autres. Un lien fondateur à la solitude L’enfant unique apprend très tôt à s’occuper seul, à se divertir dans l’introspection, à construire des mondes imaginaires. Cette autonomie affective, valorisée socialement, peut parfois masquer un retrait plus profond,…
Pourquoi certaines amitiés durent-elles toute une vie ?
Elles commencent souvent par hasard. Une salle de classe, une colonie de vacances, un voisinage. Et puis elles traversent les…
Trahisons silencieuses : ces amitiés qui se délitent sans heurts
Certaines amitiés ne se terminent pas sur une dispute, ni dans un silence brutal. Elles s’effilochent lentement, sans fracas, à…
Le mythe de la maîtrise dans la solitude
Pour beaucoup, vivre seul(e) est une manière de s’organiser à son rythme, de se recentrer. Mais derrière cette apparente liberté…
L’IA comme double idéalisé : ce que la machine reflète de notre rapport au savoir
L’intelligence artificielle fascine autant qu’elle inquiète. Son savoir vaste, sa capacité à répondre instantanément, son absence d’hésitation en font un outil précieux. Mais cette machine qui sait sans faille, sans fatigue ni doute, n’est pas neutre dans l’imaginaire psychique. Elle devient, pour certain(e)s, une sorte de double idéalisé, une projection technologique de ce que l’on aimerait être : infaillible, constant, dépourvu d’affects. L’IA, en tant qu’extension froide de soi, vient incarner un idéal de maîtrise qui évacue la part vulnérable du sujet pensant. Un savoir sans corps ni subjectivité Ce que l’IA propose, ce n’est pas seulement de l’information, mais une forme de pure connaissance, détachée de l’histoire, du contexte ou du trouble. Ce savoir…
Renoncer à tout porter pour commencer à exister
Dans de nombreuses équipes, certains salariés finissent par incarner une figure rassurante, structurante, polyvalente. Ils sont ceux vers qui l’on se tourne spontanément, ceux qui absorbent les urgences, qui “tiennent” quand les autres flanchent. Cette place, rarement désignée officiellement, leur confère une reconnaissance silencieuse. Mais…
Le mythe du salarié parfait : entre loyauté invisible et suradaptation
Ponctuel, fiable, impliqué, discret. Le salarié parfait coche toutes les cases de l’engagement idéal. Il ne compte pas ses heures, il anticipe, il apaise. À première vue, il est l’élément moteur d’un collectif. Mais derrière cette performance exemplaire, se cache souvent une fragilité psychique méconnue,…
Ne pas supporter l’imprévu : besoin de cadre ou angoisse affective ?
Certains réagissent avec une nervosité disproportionnée face à la moindre modification de programme. Ce rejet de l’imprévu, souvent interprété comme un simple trait de caractère ou une préférence logistique, cache parfois des enjeux bien plus profonds. Derrière l’attachement au cadre peut se dissimuler une angoisse…
Entrer dans un spa, sortir de soi : quand le corps peut enfin se déposer
Ce n’est pas simplement une bulle de calme ou un luxe réservé aux autres. Pour beaucoup, le spa agit comme un sas de décompression sensorielle où, pour la première fois depuis longtemps, le corps n’a…
Pourquoi certaines activités redonnent de l’élan sans raison apparente ?
Il arrive que des gestes simples, anodins, sans finalité immédiate, nous redonnent de l’élan sans que l’on sache vraiment pourquoi. Ranger une étagère, marcher sans but, écrire quelques lignes sans enjeu : ces actions ne…
Maison silencieuse ou fond sonore permanent : que cherche-t-on à éviter ?
Certaines personnes ne peuvent vivre sans musique de fond, sans radio allumée, sans télévision en bruit d’ambiance. D’autres, au contraire, ne supportent aucune perturbation sonore dans leur intérieur. Si ces préférences semblent relever du simple…
Visualiser sa réussite : entre projection structurante et fuite de la réalité
Visualiser sa réussite est devenu un outil central dans de nombreuses approches de développement personnel. Il s’agirait d’imaginer son futur avec précision, de s’y projeter mentalement pour mieux le faire advenir. Mais cette pratique, en…
Un geste banal ou anodin, une blessure ancienne qui ressurgit
Quand un événement quotidien agit comme un rappel corporel d’un vécu passé, sans lien apparent mais émotionnellement puissant. On ne…
Minimiser son mal-être : une défense contre la peur de ne pas être cru
Il n’est pas rare d’entendre des patients dire qu’ils ne vont « pas si mal », qu’il y a «…
Ce bruit de fond intérieur : l’anxiété qui ne dit pas son nom
Certaines anxiétés ne crient pas, ne paralysent pas, ne provoquent pas de crise. Elles ne s’imposent pas comme une urgence,…
Pleurer sans cause claire : quand le trop-plein déborde sans explication
Il arrive que les larmes viennent sans prévenir, sans raison apparente. Un moment calme, une remarque anodine, une chanson quelconque, et voilà les yeux qui s’emplissent, la gorge qui se serre. Aucune scène dramatique, aucune cause précise. Juste une émotion qui déborde, comme si le corps se souvenait de quelque chose que l’esprit ignore encore. Ces pleurs inexpliqués déroutent : ils échappent à la volonté, résistent à l’analyse immédiate, mais disent pourtant quelque chose d’essentiel. Des larmes sans récit mais pas sans origine On imagine souvent que pleurer nécessite un déclencheur clair, un événement triste ou un conflit. Mais l’inconscient ne fonctionne pas selon cette logique linéaire. Il travaille en arrière-plan, accumule des tensions, retient des chocs, garde trace de…
L’art et l’élitisme : Le rapport à l’art institutionnalisé
L’art, en tant que forme d’expression et de culture, a toujours été un terrain de distinction sociale. Dans le cadre de son institutionnalisation, l'art se retrouve souvent attaché à des normes, des lieux et des pratiques qui le séparent du grand public. Les galeries, musées et académies, en imposant des…
Multiplions-nous les avatars pour combler une faille identitaire ?
Changer d’avatar à chaque jeu, créer plusieurs comptes, incarner des figures très différentes selon les univers : certains joueurs semblent traversés par une instabilité volontaire. Là où d’autres s’identifient durablement à un seul personnage, ces joueurs-là multiplient les rôles, changent de nom, de genre, d’apparence et parfois même de personnalité.…
Personnages au théâtre : la construction identitaire en mille-feuilles
Certains comédiens évoquent des rôles qui les ont “marqués”, d’autres parlent de figures qu’ils “portent encore en eux”. À force d’enfiler des personnages, quelque chose s’accumule, se modifie, se déplace dans la manière de se percevoir soi-même. Loin d’être une série d’expériences indépendantes, le jeu théâtral répété agit comme une…
Écrire la fratrie : entre conflit et complicité dans les récits d’enfance
Les récits d’enfance accordent souvent une place singulière à la fratrie. Frères et sœurs y apparaissent comme des figures ambiguës, tour à tour complices, rivales, protectrices ou persécutrices. Ce que les écrivains donnent à lire n’est jamais une fratrie "réaliste" : c’est la mémoire affective de ces liens précoces, marquée…




































